Anthony Jaco-Boeykens
Ethérodrome -> 16 avril - 05 mai 2007

Ici quand je parle de sculpture, je parle d’un objet dont la forme se définit par sa fonction physique ou
métaphorique.
Outil et Totem.
Les sculptures-outils sont pensées pour des performances et manipulées lors de celles-ci.
Les sculptures-outils sont des machines, qui par leur fonctionnement régissent les événements majeurs de la performance, ou plutôt, la sculpture est construite selon un besoin et le besoin définit la forme.
Ainsi les sculptures-outils sont figuratives de par leur fonction précise.
Lors de l’action, le corps met en tension les objets, en les manipulant; le corps assure la mise en marche, et il est l’énergie nécessaire au fonctionnement de la sculpture-outil.
A travers les gestes et les déplacements du corps, les sculptures-outils laissent circuler l’énergie déployée, qui se concrétise sculpturalement sous forme de liquides. Ces outils sont récipients; le liquide circule de récipient en récipient.
La circulation d’un récipient à un autre peut s’étirer le temps d’une exposition, le temps d’une solidification. Il y a l’action microscopique de la fermentation, de la cristallisation, amenant à des opérations de l’ordre du recyclage, de la distillation.
L’action d’épurer une matière pour en obtenir une autre tente de mettre à jour la structure de base du
processus de construction.
Le corps n’est pas là que pour n’être qu’un corps , il est aussi la Figure de l’artiste.
Cette Figure est un corps universel, une Figure sociale, un personnage en costume.
Le costume n’est pas un habit mais le corps lui même, et pour le spectacle le personnage de l'artiste prend parfois un autre rôle, ou du moins il reste l'artiste mais s’attribue un déguisement qu’il revêt par dessus son corps pour nourir son rôle d’artiste.
Les sculptures-totems font signe.
Elles sont issues d’une pratique d’association.
+ et =
Association d’objets, de matières, de formes, d’idées, de territoires.
Le totem est une image représentant une société. La sculpture et la performance, ici, rejoue cette société, dans l’exagération, via des rites de construction et des gestes pulsionnels.
En détournant des objets triviaux de leur fonction première, et en leur en attribuant une nouvelle, c’ est une manière de re-jouer la société et de définir, dans un espace de monstration, un système non-productif au sens étatique, une dépense d’énergie à perte
Anthony Jaco-Boeykens, Lyon, 2007.
voir aussi: http://jaco-boeykens.ultra-book.com/
ETHERODROME est tout d'abord un travail sur l'atelier et sur le corps comme outil dans celui-ci. Un outil de l'ordre d'une « base de lancement » où on pourrait plug-(er) différentes fonctions suivant la pratique envisagée, en ayant pour fonction principale celle de filtrer des informations : (filtre psychologique) et de les (re)produire à travers la construction.
Mais E est aussi une tentative de présenter un travail sculptural d'ordre volatile, une série de geste « s'évaporant » dès leurs production dans une stratification de construction. Les matériaux utilisés sont de qualité neuve ou la pratique sculpturale opérée à été de reproduire les aspérités que le facteur temps aurait pu laisser apparaître. Ainsi le geste minimal de produire une fissure ou un trou destiné à une éventuelle visse devient un acte majeur et principal. Ensuite vient s'ajouter les différentes stratifications présentant les objets comme support ou contenu.